La découverte de 215 tombes anonymes au pensionnat indien de Kamloops est une épreuve douloureuse pour les survivant·e·s, leurs familles et les communautés métisses, inuites et des Premières Nations.

Depuis très longtemps, les survivant·e·s parlent des sévices dont iels ont été victimes dans les pensionnats et insistent sur la nécessité d’investir dans la recherche de la vérité. Le pensionnat indien de Kamloops n’est qu’un des quelque 130 pensionnats qui ont été administrés au Canada entre 1831 et 1996 et où plus de 150 000 enfants métis·e·s, inuit·e·s et des Premières Nations ont été placé·e·s de force, comme l’a révélé la Commission de vérité et réconciliation du Canada (TRC). Par son projet Enfants disparus, TRC a identifié plus de 4 100 enfants qui ont perdu la vie dans les pensionnats. La Commission précise que : « Le nombre exact d’enfants ayant perdu la vie dans les pensionnats ne sera peut-être jamais connu, mais les taux de mortalité dans de nombreux pensionnats, en particulier durant les périodes d’épidémie et de maladie, étaient très élevés. »

Cette découverte met en évidence l’urgence de découvrir toute la vérité, d’œuvrer à la réconciliation, de procéder à la décolonisation et de mettre fin au racisme systémique. Nous avons nettement à l’esprit les effets intergénérationnels des pensionnats dans le cadre d’un système génocidaire. Les répercussions sociales, sanitaires, économiques, psychologiques et spirituelles sont multiples. On ne saurait trop insister sur les liens qui existent entre les pensionnats et certaines réalités contemporaines, comme les risques élevés de violence fondée sur le genre qui pèsent sur les femmes, les filles et les personnes trans, bispirituelles et non binaires autochtones, ainsi que les effets disproportionnés qu’ont le système de protection de l’enfance et le système judiciaire sur les communautés autochtones.

La justice de genre ne pourra vraiment être atteinte au Canada que si elle inclut la justice pour les survivant·e·s des pensionnats et que si nous mettons fin en même temps au racisme systémique anti-autochtone. Nous souhaitons exprimer notre solidarité avec les survivant·e·s et les leaders communautaires, les organismes et les groupes qui ont lancé des appels à l’action sur ces questions, dont :

  • Les Appels à l’action de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation et les Appels à la justice formulés en 2019 à l’issue de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont un nombre important concerne les pensionnats. La majeure partie de ces appels n’ont toujours pas été mis en œuvre au Canada.
  • Une mise en œuvre vigoureuse, dirigée par les communautés concernées, d’un plan d’action national relatif aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées.
  • Le financement des efforts de recherche de la vérité à tous les sites de pensionnats – des démarches qui doivent être dirigées par les communautés autochtones elles-mêmes.
  • L’abandon des contestations judiciaires menées par le gouvernement contre les règlements favorisant les survivant·e·s des pensionnats.
  • Un excellent financement des efforts menés par les communautés pour soutenir les survivant·e·s des pensionnats et garantir le bien-être de toutes les personnes touchées par les traumatismes intergénérationnels.

Par son mandat pour l’équité de genre, la Fondation canadienne des femmes s’engage à répondre aux Appels à l’action et aux Appels à la justice et à maintenir ses partenariats, ses subventions et ses démarches de changement de politiques qui soutiennent les efforts menés par les Autochtones pour contrer les effets intergénérationnels des pensionnats et obtenir justice pour l’ensemble des survivant·e·s.

Paulette Senior
Présidente et directrice générale
Fondation canadienne des femmes

Il existe du soutien pour les personnes touchées par l’héritage des pensionnats : appelez la ligne d’écoute téléphonique de résolution des questions relatives aux pensionnats indiens au 1-866-925-4419