Il peut être difficile de reconnaître la violence psychologique en raison des formes variées et subtiles qu’elle peut prendre, et les comportements qui s’y rattachent sont parfois interprétés comme des manifestations d’amour. Pensez aux occasions où vous avez entendu quelqu’un dire, par exemple : « Si j’agis comme ça, c’est parce que je t’aime tellement. » Les gens peuvent utiliser des termes différents pour parler de violence psychologique, tels que la violence émotionnelle ou la violence morale. Il arrive aussi qu’on associe les comportements liés à la violence psychologique à des mots faisant référence au trouble d’un·e agresseur·euse (p. ex. la violence narcissique).

Tous ces différents termes et troubles peuvent être mélangeants. Il est toutefois possible de clarifier les signes et les effets de ce type de violence. Selon le ministère de la Justice, « la violence psychologique consiste à utiliser des mots ou à agir de façon à contrôler quelqu’un, à lui faire peur, à l’isoler ou à lui ôter sa dignité. »

La violence psychologique est une forme très fréquente de violence fondée sur le genre et peut aller de pair avec la violence physique. Mais elle ne s’observe pas seulement dans des relations amoureuses; comme toutes les autres formes de maltraitance, la violence psychologique peut se produire dans les relations platoniques et familiales ainsi que dans tout autre type de relation. Peu importe le contexte, elle est souvent liée à un déséquilibre de pouvoir dans notre société qui rend certaines personnes plus susceptibles d’y être confrontées.

Voyez ci-dessous quelques signes d’une relation teintée par la violence psychologique. Étant donné que les expériences de violence psychologique sont très variées, cette liste ne se veut pas exhaustive.

Humiliation et dérision

Dans une relation saine, les deux parties se sentent en sécurité, respectées et libres d’exprimer leurs pensées, de s’intéresser à ce qu’elles veulent et de changer leur apparence sans craindre de se faire ridiculiser. La violence psychologique peut prendre la forme d’humiliation dans le but de nier ou de minimiser vos émotions et de vous diminuer. Cela peut se manifester par les comportements suivants : 

  • Vous insulter
  • Passer des commentaires condescendants
  • Vous embarrasser en public (y compris sur Internet)
  • Faire des « blagues » à vos dépens, et possiblement vous accuser d’être trop sensible si vous réagissez
  • Minimiser vos réalisations
  • S’attaquer à votre apparence
  • Ridiculiser vos intérêts
  • Critiquer ou essayer de contrôler votre habillement, votre coiffure ou tout autre changement physique
  • Vous infantiliser ou agir comme si la personne savait ce qui était le mieux pour vous
  • Vous placer volontairement dans des positions inconfortables physiquement et psychologiquement (telles que vous enfermer dehors ou faire une scène en public)
Détournement cognitif (ou gaslighting) et manipulation

Dans une relation saine, vos émotions, vos pensées et votre perception de la réalité sont validées. Bien que des conflits surviennent dans n’importe quelle relation, qu’elle soit saine ou non, vos sentiments devraient toujours être validés, peu importe quelles étaient les intentions de l’autre. Une personne qui fait usage de ce type de violence peut tenter de miner votre confiance en vos perceptions par les stratégies suivantes : 

  • Détournement cognitif
  • Dire comment vous devriez vous sentir et tenter de vous imposer ces émotions
  • Rejeter du revers de la main vos émotions en les qualifiant d’« insensées », de « dramatiques », d’« exagérées » ou en vous accusant d’être « émotif·ve » (parfois, l’agresseur·euse utilisera d’autres personnes pour valider son point de vue et invalider la manière dont vous vous percevez, par exemple en vous disant : « Tout le monde pense que tu as perdu la tête. »).
  • Refuser d’assumer la responsabilité de ses actions ou de l’effet qu’elles ont eu sur vous (il ou elle peut essayer de mettre toute la faute sur vous, y compris votre souffrance)
Isolement et contrôle

Dans une relation saine, les deux parties s’encouragent mutuellement dans leurs intérêts, leurs relations et leurs buts respectifs en dehors de la relation. Les personnes qui usent de violence psychologique vont souvent s’efforcer de faire de votre relation l’élément central de votre vie afin de vous éloigner des choses qui pourraient leur enlever du pouvoir sur vous. Cela pourrait comprendre : 

  • Exiger de connaître vos allées et venues et les gens qui vous accompagnent en tout temps
  • Surveiller vos canaux de communication, comme vos textos et vos courriels
  • Utiliser la technologie ou d’autres méthodes pour suivre vos déplacements
  • Prendre des décisions unilatérales pour vous deux, comme changer les plans ou ouvrir un compte conjoint (de façon plus générale, chercher à prendre le contrôle des finances pour vous dominer et restreindre votre liberté)
  • Refuser de vous donner de l’affection pour vous punir
  • Vous inciter, par la contrainte ou par l’intimidation, à passer tout votre temps avec elles (ces personnes sont souvent jalouses et tentent de faire passer la jalousie ou l’insécurité sous le couvert de l’amour et de la passion, quand il s’agit plutôt d’une stratégie pour vous faire sentir coupable et vous convaincre de passer tout votre temps avec elles)
  • Vous isoler de votre famille, de vos ami·e·s ou de vos collègues de travail (elles essaient souvent de s’assurer d’être la seule ou la principale influence dans votre vie)
Comportement erratique ou chaotique

Vous ne devriez jamais avoir peur pour votre sécurité et pour celle de vos êtres chers ou de l’autre personne dans la relation, même si vous la quittez. Vous ne devriez jamais avoir l’impression de devoir marcher sur des œufs pour vous protéger ou pour protéger votre entourage. Dans une relation saine, les deux parties se sentent physiquement et psychologiquement en sécurité et n’ont pas l’impression qu’on les force à rester dans la relation ou qu’on les manipule. La violence psychologique peut se manifester par : 

  • Des menaces pour votre sécurité, la sécurité d’un être cher ou celle de l’agresseur·euse si vous veniez à partir (cette personne pourrait essayer de vous faire sentir coupable et d’ainsi vous obliger à rester avec elle en feignant d’être désemparée, en faisant allusion à ce qui pourrait se passer si vous partiez ou en agissant comme si votre affection lui était due)
  • Du chantage
  • Des sautes d’humeur ou des crises imprévisibles
  • Le déclenchement volontaire de conflits
  • La destruction et la confiscation de vos biens (surtout ceux qui favorisent votre mobilité et votre indépendance, comme vos clés de voiture, votre portefeuille et votre téléphone)