La violence fondée sur le genre : les faits

Qu’est-ce que la violence fondée sur le genre?

Il s’agit du type de maltraitance que les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, trans et non binaires risquent le plus de subir. Les mauvais traitements infligés prennent parfois des formes physiques et affectives, comme les injures, les coups, la poussée, le blocage, la traque et le harcèlement criminel, le viol, l’agression sexuelle, le contrôle et la manipulation. Plusieurs situations de violence enfreignent la loi.

La violence genrée peut se produire entre des personnes qui vivent une relation amoureuse, dans les familles, au travail, entre amis, connaissances et étrangers, et souvent dans des lieux privés entre des personnes qui se connaissent.

N’importe qui peut être victime de violence, peu importe son origine, son identité ou les circonstances. Mais les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre sont très exposées à la violence fondée sur le genre. Certaines d’entre elles risquent encore plus de souffrir, en raison de la discrimination et des obstacles supplémentaires auxquels elles sont confrontées. Les femmes handicapées, les femmes autochtones, les femmes racialisées, les personnes trans et non binaires, et les femmes sans abri ou mal logées y sont particulièrement susceptibles. Les personnes confrontées à la violence n’ont peut-être pas accès à des services qui répondent à leurs besoins (p. ex., les personnes vivant dans des zones rurales ou éloignées).

L’Agence des Nations Unies «désigne par violence sexuelle et sexiste tout acte commis contre la volonté d’une personne et fondé sur les rôles différents que la société attribue aux hommes et aux femmes et sur des relations de pouvoir inégales». Elle est enracinée dans l’inégalité des sexes, l’abus de pouvoir et les normes néfastes. Elle a un impact disproportionné sur les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, trans et non binaires. La violence genrée comprend des mauvais traitements d’ordre sexuel, physique, psychologique et économique infligés en public ou en privé, ainsi que «la menace de violence et la contrainte». (UNHCR, Protection : Violence sexuelle et sexiste)

Femmes et Égalité des genres Canada explique la situation comme suit : « Alors que la violence touche tout le monde, certaines personnes sont plus à risque d’être victimes de violence en raison de ses diverses formes d’expression, notamment le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie et le capacitisme. Certaines personnes subissent un niveau élevé de violence, y compris les femmes; les jeunes femmes et les jeunes filles; les femmes et les filles autochtones; les personnes LGBTQ2 (lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer et bispirituel), et les personnes de diverses identités de genre; les femmes qui vivent dans les régions nordiques, rurales ou éloignées; et les femmes vivant avec handicap. L’intersection de deux facteurs de risque ou plus peut accroître le risque et la vulnérabilité d’une personne à la violence. »

Pourquoi est-il si urgent de mettre fin à la violence fondée sur le genre?

  • Parce qu’elle coûte des vies. Au Canada, en moyenne tous les six jours, une femme est tuée par son partenaire intime. (Amelia Armstrong et Brianna Jaffray, Statistique Canada, 2021)

  • Les conséquences pour les victimes et pour leurs proches sont importantes. Le taux de troubles psychiatriques est deux fois plus élevé chez les enfants témoins de violence familiale que chez ceux issus de foyers non violents. (Eve Bender, Psychiatric News, 2004, en anglais)

  • Elle coûte des milliards de dollars. En fait, les conséquences de la violence conjugale ont entraîné des coûts de 7,4 milliards de dollars. (Ministère de la Justice, 2009)

  • La violence familiale peut avoir des répercussions dans le lieu de travail, menaçant la capacité des femmes à conserver leur indépendance économique. Interrogées dans le cadre d’une étude, plus de la moitié (53 %) des personnes ayant subi des violences domestiques ont déclaré qu’au moins un type de mauvais traitements s’était produit au travail ou à proximité. Près de 40 % des personnes ayant subi des violences familiales ont déclaré avoir eu de la difficulté à aller travailler et 8,5 % ont déclaré avoir perdu leur emploi à cause de cette situation. (Jennifer, C.D., MacGregor et al., Safety and Health at Work, 2016, en anglais)

Questions fréquentes sur la violence fondée sur le genre

Au cours de leur vie, plus de quatre femmes sur 10 ont subi de la violence entre partenaires intimes. En 2018, 44 % des femmes ont déclaré avoir été victimes de violence d’ordre psychologique (VPI), physique ou sexuel de la part d’un partenaire intime. (Statistique Canada, 2021)

« […], les recherches ont démontré que les femmes sont victimes de façon disproportionnée des formes les plus graves de VPI, comme le fait d’être étranglées, d’être agressées ou menacées avec une arme, ou d’être agressées sexuellement ». (Adam Cotter, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, 2021)

Environ tous les six jours au Canada, une femme est tuée par son partenaire intime. (Joel Roy et Sharon Marcellus, Statistique Canada, 2019)

La proportion de femmes tuées par un conjoint ou un partenaire intime est plus de huit fois supérieure à celle des hommes. (Statistique Canada, 2020)

En 2020, 160 femmes et filles ont trouvé la mort à la suite de violences, et en 2021, 173 femmes et filles ont trouvé la mort à la suite de violences, une augmentation inquiétante par rapport aux 118 femmes et filles tuées l’année précédente. Toujours en 2020, une femme sur cinq tuée au Canada était membre des Premières Nations, Métisse ou Inuite. (Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilité, 2020 et 2021)

Les deux tiers (64 %) des Canadien-ne-s connaissent une femme qui a fait l’objet de violence physique, sexuelle ou psychologique. Fondation canadiennes des femmes

Les femmes et les filles autochtones sont 12 fois plus susceptibles d’être assassinées ou portées disparues que toute autre femme au Canada et 16 fois plus que les femmes blanches. (Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, 2019)

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes (39 % contre 35 %) de déclarer avoir subi un crime violent à un moment donné depuis l’âge de 15 ans. (Statistique Canada, 2019)

Les femmes sont cinq fois plus susceptibles que les hommes de subir une agression sexuelle. (Adam Cotter, Statistique Canada, 2021)

Environ 4,7 millions de femmes, soit 30 % de toutes les femmes de 15 ans et plus, déclarent avoir subi une agression sexuelle au moins une fois depuis l’âge de 15 ans par rapport à 8 % des hommes. (Statistique Canada, 2019)

Les femmes âgées sont plus susceptibles d’être victimes de violence de la part d’un membre de la famille et représentent 58 % des survivants aînés de violence familiale. (Statistique Canada, 2019)

Chaque nuit au Canada, 3 491 femmes et leurs 2 724 enfants dorment dans des refuges parce qu’ils ne sont pas en sécurité chez eux. Sur les 4 476 femmes et 3 493 enfants séjournant dans des refuges au moment de l’aperçu, au 16 avril 2014, 78 % (c’est-à-dire 3 491 femmes et 2 742 enfants) s’y trouvaient principalement en raison de maltraitance. (Sara Beattie et Hope Hutchins, Statistique Canada, 2014)

Chaque nuit, environ 300 femmes et enfants doivent rebrousser chemin parce que les refuges sont déjà pleins. (Sara Beattie et Hope Hutchins, Statistique Canada, 2014)

Les femmes rurales connaissent un taux de violence conjugale cinq fois plus élevé que les hommes des régions rurales et 75 % plus élevé que celui des femmes urbaines. (Shana Conroy, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité communautaire, 2021; Centre for Research & Education on Violence Against Women & Children, 2021, en anglais)

Pour les filles et les jeunes femmes du Nord, le taux d’expérience de crimes violents est quatre fois plus élevé que pour l’ensemble de la population au Canada. Souvent, la violence est plus grave et entraîne des blessures physiques. (Shana Conroy, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité communautaire, 2021; Centre for Research & Education on Violence Against Women & Children, 2021, en anglais)

La cyberviolence, qui comprend les menaces, la traque et le harcèlement en ligne, est apparue comme une extension de la violence faite aux femmes qu’on appelle parfois mauvais traitements, harcèlement et violence fondés sur le genre et facilités par la technologie. (Commission à large bande des Nations unies pour le développement numérique, 2015, en anglais; Cynthia Khoo, Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes, 2021)

Les femmes représentent plus des deux tiers (69 %) des victimes de cybercriminalité : 84 % d’entre elles subissent des infractions sexuelles associées à un cybercrime et 65 % subissent des infractions violentes à caractère non sexuel. (Benjamin Mazowita et Mireille Vézina, Statistique Canada, 2014)

« Des études et des enquêtes du coroner ont démontré que les taux d’homicides dans les situations de violence conjugale augmentent de manière significative avec la présence d’une arme à feu au domicile. Les armes d’épaule sont les armes les plus susceptibles d’être utilisées dans des situations de violence conjugale. » (Coalition pour le contrôle des armes)

« Plus de 107 000 victimes de violences entre partenaires intimes (VPI) déclarées par la police ont été recensées au Canada en 2019. Pour 660 victimes de VPI, une arme à feu était présente. Les femmes représentaient près de 8 victimes sur 10 de tous les incidents de VPI, et elles étaient encore plus susceptibles d’être la victime dans les 660 incidents de VPI où une arme à feu était présente. » (Sécurité publique Canada, 2021)

« En général, parmi le nombre total de victimes d’homicide en 2016 et 2017, les coups de feu ont été la cause la plus fréquente de décès (40 %), suivis par les coupes de couteau (24 %) lorsque l’information était connue (pour 82 % de victimes). Les hommes étaient plus susceptibles d’être tués par arme à feu (45% %) que les femmes (24 %) qui étaient plus susceptibles d’être battues à mort (15 %) que les victimes masculines (10 %). Un modèle différent est apparu lorsque la méthode de meutre a été examinée dans des lieux non urbains … des proportions égales de femmes et d’hommes ont été tués par balle dans les zones rurales (36 % pour chaque sexe). » (L’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation, 2020)

On estime que, chaque année, les conséquences de la violence conjugale entraînent des frais de 7,4 milliards de dollars uniquement à cette fin. Ce montant comprend les coûts immédiats, comme les visites aux services d’urgence, et les coûts connexes, comme la perte de revenus. Cela comprend également les coûts visibles, comme les funérailles, et les coûts invisibles, comme les douleurs et les souffrances. (Ministère de la Justice, 2009)

Certaines formes de violence affichent une tendance à la baisse. Par exemple, comme la plupart des crimes violents au Canada, les taux de violence familiale déclarés par la police ont diminué au fil du temps (Centre canadien de la statistique juridique, 2015).

Il se peut que le déclin soit en partie dû à une égalité et une liberté financière accrues pour les femmes, ce qui leur permet de quitter plus facilement les relations violentes à un stade plus précoce, et en partie à des groupes qui ont déployé des efforts pendant plusieurs années pour mettre fin à la violence. Entre autres, leurs réalisations incluent une meilleure sensibilisation du public, des programmes pour hommes violents, une meilleure formation des policiers et des procureurs de la Couronne, une plus grande coordination des services communautaires, et la création de lois sur la violence familiale dans certaines régions du Canada. (Statistique Canada, 2006, en anglais; Maire Sinha, Centre canadien de la statistique juridique, 2013)

Toutefois, les tendances peuvent changer. Les taux de violence familiale à l’égard des enfants et des jeunes, ainsi que de violence entre partenaires intimes, étaient en baisse depuis 2009, mais les taux de ces types de maltraitance ont recommencé à grimper ces dernières années. (Centre canadien de la statistique juridique, 2018)

Il existe également des différences quant aux types de violence. Par exemple, l’agression sexuelle est le seul crime violent au Canada qui n’est pas en baisse. Depuis 1999, les taux d’agression sexuelle sont demeurés relativement stables. (Samuel Perrault, Centre canadien de la statistique juridique, 2015)

En outre, il existe des différences régionales. Alors que la violence conjugale dans les provinces était considérablement plus faible en 2019 qu’en 1999, la violence conjugale est restée inchangée dans les territoires (10,2 % contre 9,8 %) pendant cette période. (Shana Conroy, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité communautaire, 2021)

Il est également important de se rappeler que la violence fondée sur le genre a tendance à être moins souvent signalée. Soixante-dix pour cent des personnes qui subissent des violences conjugales et 93 % des personnes qui en ont subi pendant leur enfance n’en ont pas fait rapport aux autorités. (Marta Burczycka et Shana Conroy, Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada, 2018)

Les recherches montrent que le risque et les taux de violence genrée peuvent augmenter à la suite de catastrophes, y compris les périodes de troubles civils et les pandémies. (Organisation mondiale de la santé, 2005, en anglais; Amber Peterman et coll., Center for Global Development, 2020, en anglais; Alyssa Mari Thurston et coll., BMJ Global Health, 2021, en anglais) La pandémie de COVID‑19 au Canada n’a pas fait exception. Les signaux d’alarme sont nombreux : une femme sur 10 s’inquiète de la possibilité de violence au foyer et les lignes de crise ont signalé une augmentation des appels en avril et en mai 2020. (Femmes et Égalité des genres Canada, 2020)

Les injustices et les inégalités entre les genres se produisent partout : dans les familles, la politique, les communautés, les groupes confessionnels, les médias, les lieux de travail, les écoles et autres. On nous transmet des messages culturels patriarcaux et sexistes qui font en sorte qu’il semble naturel et acceptable que les hommes aient plus de pouvoir que les femmes et les personnes de genres divers. (Condition féminine Canada)

Dans ce contexte, la conviction que les hommes ont le droit de contrôler les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre, et de leur faire du mal est chose courante. Les lois et systèmes coloniaux sont une cause fondamentale importante de la violence genrée au Canada, en particulier à l’égard des femmes des Premières Nations, des Métisses et des Inuites. (Association des femmes autochtones du Canada, en anglais)

D’autres formes de discrimination s’allient à la discrimination fondée sur le genre et accroissent la vulnérabilité de certains groupes à cette violence, comme les femmes handicapées et les jeunes femmes. (Femmes et Égalité des sexes Canada)

Selon les Nations Unies, « l’égalité des sexes n’est pas seulement un droit fondamental à la personne, elle est aussi un fondement nécessaire pour l’instauration d’un monde pacifique, prospère et durable. » Par exemple, l’égalité des genres est un facteur de paix. (ONU Femmes, 2015, en anglais)

Elle stimule le rendement des entreprises, ce qui pourrait ajouter 12 billions de dollars à la croissance économique mondiale. (Vivian Huntet al., McKinsey and Company, 2015, en anglais; Jonathan Woetzel et al., McKinsey Global Institute, 2015, en anglais) Bref, la justice de genre profite à tous.

La violence sous toutes ses formes est inacceptable et tout effort pour y mettre fin est louable. Cependant, les statistiques indiquent que les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, trans et non binaires subissent la violence à un taux plus élevé que les hommes. Qui plus est, la violence fondée sur le genre exige des solutions uniques.

Les femmes déclarent être victimes de violence à un taux près de deux fois supérieur à celui des hommes. Même après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge et d’autres caractéristiques et expériences individuelles, la probabilité d’être victime de violence est 38 % plus élevée pour les femmes que pour les hommes. La différence s’explique en grande partie par le risque plus élevé de violence sexuelle chez les femmes. De plus, la recherche par autodéclaration confirme que certaines personnes sont exposées à un risque élevé de violence, comme les femmes handicapées et les personnes lesbiennes, gaies ou bisexuelles. (Adam Cotter, Statistique Canada, 2021)

Une grande majorité (79 %) des personnes qui signalent à la police des cas de violence entre partenaires intimes sont des femmes et 67 % des personnes victimes de violence familiale sont des femmes et des filles. (Shana Conroy, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité communautaire, 2021)

En ce qui concerne la violence conjugale, certaines recherches montrent que les hommes sont presque aussi susceptibles que les femmes de la subir. Toutefois, les femmes risquent plus que les hommes de vivre les actes de violence conjugale les plus graves, comme des victimisations multiples et des taux plus élevés de blessures physiques. (Maire Sinha, Centre canadien de la statistique juridique, 2013)

La violence des femmes envers les hommes dans les relations de couple peut survenir, mais elle entraîne moins de blessures et risque moins d’être motivée par un désir de domination et de contrôle. Les hommes sont plus portés à user de violence, tandis que les femmes sont plus susceptibles d’avoir recours à la violence en cas de légitime défense. Des stratégies nettement différentes sont nécessaires pour prévenir et intervenir dans les cas de violence perpétrée par des hommes et par des femmes. (Michael S. Kimmel, Violence Against Women, 2002, en anglais)

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles vous pouvez rester dans une relation violente.

Si vous essayez de partir, la personne qui vous maltraite peut menacer de vous tuer ou de vous faire du mal, de s’en prendre à lui-même, aux enfants ou à vos proches. (Kimberley E. Horrill et Helene Berman, Centre for Research on Violence Against Women and Children, 2004, en anglais)

Le moment le plus dangereux pour une femme violentée est celui où elle tente de quitter son agresseur. (Holly Johnson, Statistique Canada, 2006, en anglais) Dans les cas de meurtre-suicide, le problème le plus fréquent est la séparation. (Shannon Brennan et Jillian Boyce, Juristat, 2013) Les femmes sont six fois plus susceptibles d’être tuées par un ex-partenaire que par un partenaire actuel. De nombreuses femmes disent avoir été maltraitées par un partenaire après la fin de la relation, à savoir que la violence s’est intensifiée après une rupture. (Maire Sinha, Juristat, 2013; Statistique Canada, 2016) Près de 60 % des violences lors des fréquentations signalées à la police ont lieu après la fin de la relation. (Tina Hotton Mahony, Juristat, 2008)

La cruauté envers les animaux est liée à la violence entre partenaires intimes. Les femmes indiquent que leurs agresseurs menacent les animaux, de compagnie ou autres, ou leur infligent des mauvais traitements. En conséquence, les femmes tardent à quitter les relations de violence. Les refuges ne sont pas toujours en mesure d’accueillir les animaux, ce qui peut compliquer la recherche concernant la meilleure façon de partir. (Rochelle Stevenson et al., Journal of Women and Social Work, 2017, en anglais)

Vous restez peut-être dans une relation violente parce que vous dépendez financièrement de votre partenaire.

• Plus de 1,5 million de femmes au Canada vivent en situation de faible revenu. (Statistique Canada, 2021)
• Les femmes qui quittent leur partenaire pour élever seules leurs enfants sont cinq fois plus susceptibles d’être pauvres que si elles étaient restées. (Monica Townson, Centre canadien de politiques alternatives, 2009, en anglais)

• Au Canada, environ une mère célibataire sur cinq a des revenus insuffisants. (Statistique Canada, 2015)

Certaines femmes restent parce qu’elles croient fermement que la famille doit rester unie. Parfois, les parents ou les beaux-parents responsabilisent la femme de la violence et insistent pour qu’elle reste.

Le départ peut s’avérer encore plus difficile en raison des conséquences de la violence sur la santé mentale. Parmi les femmes victimes de violence, 64 % présentent des symptômes liés au syndrome de stress post-traumatique. (Sara Perez et coll., Violence Against Women, 2012, en anglais) Une relation malsaine peut s’imposer graduellement au point où la violence s’intensifie avec le temps. (gouvernement du Manitoba) L’expérience peut nuire à la santé mentale et à la confiance en soi, susciter la peur et empêcher de croire en la possibilité d’un avenir plus sûr.

La violence genrée existe dans toutes les communautés, cultures et groupes confessionnels, à tout âge et dans tous les groupes de revenus. Cependant, certaines femmes sont particulièrement en danger.

Environ six femmes autochtones sur 10 ont vécu une forme ou une autre de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie. (Loanna Heidinger, Centre canadien de statistiques sur la justice et la sécurité communautaire, 2021)

Les femmes autochtones sont tuées à un taux près de sept fois supérieur à celui des femmes non autochtones. (Statistique Canada, 2018)

Plus de six femmes autochtones sur 10 ont été agressées physiquement ou sexuellement à un moment donné depuis l’âge de 15 ans, contre plus de quatre femmes non autochtones sur 10. (Statistique Canada, 2021)

Selon les données déclarées par la police et autodéclarées, les jeunes femmes courent un risque beaucoup plus élevé d’être victimes de violence. (Statistique Canada, 2011)

Les jeunes femmes de 15 à 19 ans et les femmes de 20 à 24 ans sont cinq fois plus susceptibles que les femmes de 25 ans et plus d’avoir été agressées physiquement ou sexuellement par un partenaire non intime. (Laura Savage, Statistique Canada, 2021)

Les femmes handicapées sont trois fois plus susceptibles de vivre des violences que les femmes non handicapées. (Adam Cotter, Statistique Canada, 2021) Les femmes handicapées sont confrontées à des problèmes uniques comme une difficulté accrue à quitter un agresseur en raison de problèmes de mobilité ou de communication; une plus grande difficulté à accéder aux services d’hébergement et au transport; des taux plus élevés de violence psychologique; l’interdiction d’utiliser un appareil fonctionnel (p. ex., fauteuil roulant ou canne); et la violence de la part des soignants en établissement et autres résidents. (DisAbledWomen’s Network Canada, 2014, en anglais)

Les femmes immigrées peuvent être plus vulnérables à la violence familiale en raison de leur dépendance économique, des barrières linguistiques et d’un manque de connaissance des ressources communautaires. Les nouvelles arrivantes traumatisées par la guerre ou un gouvernement oppressif sont beaucoup moins susceptibles de signaler les violences physiques ou sexuelles aux autorités par crainte d’une nouvelle victimisation et d’une expulsion. (Rupaleem Bhuyanet al., Université de Toronto, 2014, en anglais)

Les femmes qui s’identifient comme lesbiennes ou bisexuelles sont trois à quatre fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de déclarer avoir été victimes de violence conjugale. (Laura Simpson, Statistique Canada, 2014) Quarante-neuf pour cent des femmes issues de « minorités sexuelles » indiquent avoir été agressées physiquement ou sexuellement par un partenaire intime depuis l’âge de 15 ans, soit près du double de ce qu’indiquent les femmes hétérosexuelles. (Brianna Jaffray, Statistique Canada, 2021) Les personnes transgenres sont plus susceptibles d’avoir été victimes de violence depuis l’âge de 15 ans et plus susceptibles de subir des comportements inappropriés en public, en ligne et au travail que les personnes cisgenres. (Brianna Jaffray, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité communautaire, Statistique Canada, 2020)

Selon des études, les femmes racialisées qui signalent des actes de violence sont souvent prises moins au sérieux par le système de droit pénal, et les auteurs de ces actes reçoivent habituellement des peines moins sévères. (Rakhi Ruparelia, dans Elizabeth Sheehy, éd., Sexual Assault in Canada: Law, Legal Practice and Women’s Activism, 2014, en anglais)

« Au Canada, les travailleurs du sexe racialisés – y compris les Noirs, les Autochtones et les autres personnes de couleur, ainsi que les travailleurs immigrés et migrants appartenant à une minorité visible – sont confrontés à de graves inégalités en matière de santé et de droits, et des préoccupations ont été soulevées concernant les services de police racialisés et les obstacles au signalement de la violence à la police. La peur des autorités est amplifiée chez les travailleuses du sexe immigrées/migrantes racisées, qui sont souvent confrontées à la discrimination, aux barrières linguistiques, aux problèmes de confidentialité et à un statut juridique précaire… Les femmes autochtones ont douze fois plus de chances d’être tuées ou portées disparues que les femmes non autochtones, et ces chances sont exacerbées chez les travailleuses du sexe. » Les recherches montrent que la décriminalisation de tous les aspects du travail du sexe est nécessaire pour supprimer les obstacles juridiques, mettre fin aux mesures de police punitives qui limitent l’accès des travailleurs du sexe aux recours et à des conditions de travail plus sûres, et démanteler la croyance selon laquelle les travailleurs du sexe ne sont pas dignes de protection (McBride et al., 2020).

Des femmes ayant des antécédents de violence physique ont des incidences significativement plus élevées de dépression. (Organisation mondiale de la Santé, 2021)

Bien que les adultes pensent que « les enfants ne sont pas au courant », la recherche indique qu’ils voient ou entendent de nombreuses agressions de violence familiale. (Maire Sinha, Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada, 2013)

Les enfants qui sont témoins de 10 incidents ou plus de violence conjugale avant l’âge de 16 ans sont au moins deux fois plus susceptibles de tenter de se suicider. (E. Fuller-Thomson et al., Child: Care, Health and Development, 2016, en anglais) Les enfants témoins de violence au foyer ont un taux de troubles psychiatriques deux fois plus élevé que les enfants issus de foyers non violents. (Eve Bender, Psychiatric News, 2004, en anglais)

L’exposition à la violence peut avoir une incidence sur le développement des enfants et leur capacité d’apprentissage, et entraîner un large éventail de problèmes affectifs et comportementaux tels que l’anxiété, l’agressivité, l’intimidation et les phobies. Les recherches montrent que les enfants qui sont témoins de violence sont plus susceptibles d’user de violence à leur tour quand ils seront grands ou d’y être confrontés. (Alison Cunningham et Linda Baker, Centre for Children and Families in the Justice System, 2007)

L’expérience de la violence dans une relation peut conduire à la consommation d’alcool come méthode d’adaptation ou d’automédication. Les enfants qui sont témoins de violence ou de menaces de violences entre leurs parents sont plus susceptibles de présenter des habitudes de consommation novices d’alcool plus tard dans la vie. (Organisation mondiale de la Santé, 2012)

Une étude a montré que 50 % des femmes interrogées ayant subi des violences avaient reçu un diagnostic clinique de santé mentale. (Ludermir et al., 2008, en anglais)

Dans des études portant sur les refuges et les maisons de transition, plus de la moitié des femmes souffrent de dépression majeure et plus de 33 % souffrent du syndrome de stress post-traumatique. (Helfrich et al., 2008; Street et Arias, 2001, en anglais)

Les femmes autochtones exposées à la violence entre partenaires intimes sont plus susceptibles de signaler des blessures que les femmes non autochtones (59 % contre 41 %) et de craindre pour leur vie (53 % contre 31 %). (Brennen, 2011)

Les problèmes de santé physique associés à la violence entre partenaires intimes comprennent la douleur chronique, l’invalidité, la fibromyalgie, les troubles gastro-intestinaux, le syndrome du côlon irritable, les troubles du sommeil et les réductions généralisées de la qualité de vie. Ils peuvent également être associée aux maladies cardiaques. (Ministère de la Justice Canada, 2012)

Une étude menée à Toronto a révélé que 90 % des travailleuses du sexe qui s’identifiaient comme des femmes ont déclaré avoir subi un lésion cérébrale traumatique à un ou plusieurs moments de leur vie. Les causes allaient de la maltraitance des enfants à la violence du part de partenaires intimes, des amis, des clients et des étrangers. (Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children, 2019, en anglais)

Les femmes handicapées et les femmes sourdes sont confrontées à des taux de violence disproportionnés, ce qui les expose à un risque accru de lésions cérébrales traumatiques. Les lésions cérébrales peuvent également amplifier leur vulnérabilité et accroître la probabilité d’une nouvelle victimisation. (Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children, 2019, en anglais)

Les impacts potentielles de l’exposition à la violence entre partenaires intimes pendant l’enfance comprennent: difficulté à former des liens, naissance prématurée, faible poids à la naissance, anxiété, dépression, asthme, allergies, maux d’estomac, stress post-traumatique, sautes d’humeur, maladies fréquents, problèmes de poids, problèmes de consommation de substances, problèmes de santé mentale, douleur chronique et affections douloureuses. Tous ces effets peuvent s’aggraver avec le temps. (Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children, 2019, en anglais)

Si vous ou une autre personne êtes en danger immédiat, appelez le 911 ou votre numéro d’urgence local.

Si une personne vous dit qu’elle est victime de maltraitance, voici comment vous pouvez lui venir en aide :

  • Concentrez-vous sur la personne blessée. Votre rôle est de l’appuyer. Veillez à ne pas exprimer votre colère, votre choc, votre tristesse ou votre peur.
  • N’oubliez pas que chacun réagit différemment à la violence. Ces personnes font peut-être les choses de façon différente. Ça va. Soyez là pour les appuyer pendant qu’ils explorent ce qui fonctionne pour eux.
  • Écoutez-les et laissez-les diriger. Au lieu de leur dire ce que vous feriez ou ce qu’ils devraient faire, demandez-leur comment vous pouvez les aider au mieux.
  • Ne portez pas de jugement. Au lieu de dire « Qu’as-tu fait? », « Comment les as‑tu mis en colère? », « Pourquoi ne pars-tu pas? » ou « Tu as choisi cette relation. », dites plutôt « Ce n’est pas de ta faute. », « Je suis là pour toi. », « Comment vas-tu en ce moment? ».
  • Soyez patient et ouvert d’esprit : les relations violentes sont compliquées, effrayantes, déroutantes et traumatisantes. Il faut du temps pour comprendre ce qui se passe. Vous devrez peut-être avoir d’autres conversations avec cette personne. N’insistez pas. Il n’y a pas de bonne réponse, pas de solution miracle, et chacun réagit différemment.

S’ils souhaitent obtenir de l’aide, orientez-les vers des services de soutien pertinents.

Dernière mise à jour : 17 juin 2022

Savez-vous comment soutenir quelqu’un qui vit de la violence?

Répondez à l’appel

En savoir plus

Inscription : mises à jour par e-mail (en anglais)